Sa famille et son avocat sont à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière mais les policiers gardent l'entrée
Dominique Pasqualaggi, 33 ans, grièvement blessé jeudi en se défenestrant
La directrice centrale de la police judiciaire (DCPJ), Martine Monteil, a assuré vendredi que ses enquêteurs n'avaient "pas commis de faute" lors de la défenestration, jeudi soir, d'un militant nationaliste Corse, qui s'est grièvement blessé dans sa chute du 3e étage. Dominique Pasqualaggi, 33 ans, avait été extrait de prison pour être entendu jeudi soir sous le régime de la garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste, rue des Saussaies (VIIIe), dans l'enceinte même du ministère de l'Intérieur, lorsqu'il s'est précipité par une fenêtre restée ouverte après avoir réussi à se démenotter. "Je dois dire que nos enquêteurs n'ont pas commis de faute, ils ont été très professionnels", a déclaré Mme Monteil vendredi devant des journalistes. Selon la DCPJ, l'audition de M. Pasqualaggi "s'est passée très calmement". "Il était très calme, et pour les enquêteurs, tout laisse à penser qu'il a cherché à fuir", a-t-elle ajouté. Le militant Corse, "menotté à un anneau de sûreté, venait d'être entendu par deux policiers de la sous-direction antiterroriste" (SDAT), a-t-elle expliqué. Puis, "il a été invité à signer le procès verbal (PV). Pour ce faire, il a été démenotté, puis remenotté après signature", a ajouté Mme. Monteil. Alors que l'enquêteur qui avait rédigé le PV était allé le soumettre à son chef de service, M. Pasqualaggi a demandé au deuxième, resté avec lui, de "desserrer légèrement" la menotte remise à son poignet, ce "qui a été fait". "Brusquement, Pasqualaggi s'est précipité par la fenêtre, a sauté sans (qu'on) ait eu le temps et la possibilité de le retenir", a-t-elle poursuivi, faisant également état du témoignage d'un tiers qui, depuis un autre bâtiment, a vu l'homme "prendre un élan, bras écartés, comme quelqu'un qui veut maîtriser le saut". Selon la DCPJ, cela permettrait d'écarter la thèse d'une tentative de suicide, au profit de celle d'une tentative d'évasion. La fenêtre par laquelle Dominique Pasqualaggi s'est précipité était "restée ouverte car il faisait très chaud dans la pièce", a relevé Mme Monteil, ajoutant: "je pense qu'il a pu transpirer, forcer et très lentement extraire sa main de la menotte". Mme Monteil a reconnu que "les locaux sont ce qu'ils sont", ajoutant: "je ne peux pas vous cacher que peut-être ils ne sont pas très adaptés". Mais elle a souligné que ses enquêteurs y "travaillent depuis 1997 et y ont traité plus de 1.200 gardes à vue de mis en cause dans des affaires terroristes". "A moins d'une semaine" des faits, la SDAT prendra possession de nouveaux bureaux, dans un immeuble ultra sécurisé (où) ce genre d'évènement ne pourra plus se reproduire", a-t-elle affirmé.(Source AFP)